Les étangs - Définitions et caractéristiques

 Les Etangs :

Définition :

Il existe de nombreuses définitions de l'étang. Il s'agit d'un plan d'eau, continental, d'origine naturelle ou anthropique, dont les dimensions et les usages (vidange, assec) ne permettent pas toujours d'établir la zonation ni l'étagement des différents processus stagnustres de façon durable. L'étang est plus petit qu'un lac, mais plus grand qu'une mare, laquelle est définie comme une étendue d’eau à renouvèlement généralement limité, de taille variable (5 000 m² au maximum). Certaines définitions considèrent que l'eau d'un étang doit être stagnante. D'autres que seules les berges, et les zones ayant une profondeur inférieure à 2 mètres 50 sont à considérer comme zone humide. On parle aussi - en France notamment - d'étangs de pêche, et/ou de chasse.


 Formation et évolution des étangs :

La plupart des étangs sont le résultat d'aménagements humains, soit par l'établissement d'une digue sur un cours d'eau, soit par curage d'un endroit naturellement humide et alimenté par les eaux de pluie, de source, de ruissellement ou en creusant jusqu'en dessous de la nappe phréatique (cas des gravières). En Europe de nombreux étangs sont contenus par des digues artificielles qui datent souvent des travaux hydrauliques des abbayes médiévales. Ces étangs (ou viviers) constituaient souvent des réserves d'eau et de poisson après que les grands drainages aient fait disparaitre nombre des tourbières et zones humides naturelles du paysage.

La formation d'un étang nécessite une alimentation en eau et un sol assez imperméable ou une communication avec la nappe phréatique. L'alimentation peut consister en un canal prélevant l'eau sur un cours d'eau naturel. Il est fréquent que le cours d'un ruisseau ait été utilisé pour créer un chapelet d'étangs se déversant les uns dans les autres. La digue d'un étang est constituée par un amas de terre, de cailloux et d'argile ou très rarement par un mur-barrage en béton ou en maçonnerie.

Lorsque les étangs sont entourés d'arbres, situé en aval d'une zone soumise à érosion, un entretien régulier (curage) est nécessaire pour repousser l'envasement, et si l'eau est eutrophisée pour limiter la prolifération de la végétation aquatique (faucardage des roseaux, et coupe des arbres sur les rives). Dans les régions où il est présent, le rat musqué peut imposer le colmatage des trous qu'il creuse dans les digues. La vidange de certains étangs retenus par une digue peut se faire par pompage, siphonage, ou par une vanne (bonde ou moine, sorte de puits dont un côté est constitué de planches que l'on peut empiler pour régler le niveau de remplissage fermant une buse placée dans la partie inférieure de la digue). Un trop plein (en seuil ou en échancrure) éventuellement barré par une grille est souvent creusé ou maçonné dans la partie supérieure de la digue pour évacuer un éventuel surplus d'eau en période de crue.

 Historique :

À l'origine les étangs ont été aménagés principalement pour la pisciculture, les ressources de l'agriculture ou de l'élevage n'étant pas suffisantes dans les régions où le sol était à la fois pauvre et marécageux. L'exploitation de l'énergie hydraulique a contraint le meunier à canaliser le cours d'eau exploiter et souvent à créer une réserve d'eau en amont pour réguler les variations de débit. Avec le développement de la machine à vapeur, l'étang a perdu son rôle de réserve d'énergie ou d'eau pour l'industrie, à part quelques moulins et scieries qui utilisent encore une roue à aube accessoirement. L'étang est devenu un lieu de loisir : pêche, chasse au gibier d'eau, sports nautiques... Certains étangs sont toujours exploités pour la production de poissons d'eau douce, d'autres sont entretenus pour le simple agrément ou pour constituer une réserve d'eau douce pour la consommation, l'irrigation ou l'arrosage.

 Caractéristiques physiques :

Contrairement à ce qui est communément admis, des études de géographie limnologique ont montré la présence de stratification thermique temporaire dans les étangs, dès deux mètres de profondeur.

L'étang est un écosystème particulier très sensible aux pollutions (notamment l'eutrophisation liée aux nitrates). La faune et la flore qu'il abrite contiennent des espèces spécifiques, dont certaines sont protégées. L'étang est devenu en de nombreux endroits un lieu de conservation de la flore et de la faune souvent mis en valeur pour la sensibilisation du public à la nature.

 Environnement :

La plantation d'un étang n'est pas neutre pour son environnement. Son impact peut être positif ou néfaste. S'il détourne l'eau d'une rivière, ou se déverse dans un ruisseau, le réchauffement de l'eau de l'étang en été peut avoir des conséquences importantes sur l'évolution de la faune et de la flore du cours d'eau. De nombreux étangs ont été empoissonnés avec des espèces indésirables dans le milieu naturel, et parfois plantés d'espèces exotiques décoratives mais devenues invasives hors de leur milieu d'origine (comme certaines jussies).

L'étang est une réserve d'eau à niveau relativement constant, qui peut parfois réguler le débit d'un cours d'eau et gommer partiellement les crues et les périodes d'étiage mais qui ne permet pas l'expression normale des espèces pionnières ou des écotones ; il permet de maintenir une certaine hygrométrie et ses pertes alimente souvent la nappe aquifère. En contrepartie, sont évaporation est souvent compensée par des prélèvements dans les cours d'eau, voire dans la nappe (pompage) pour maintenir son niveau en période de sécheresse, aggravant ainsi les effets de l'étiage.

Lors de sa vidange brutale, l'étang injecte dans le cours d'eau récepteur des matières minérales et organiques modifiant la composition de l'eau courante mais par sa végétation (plantes flottantes et enracinées, phytoplancton...), il contribue à l'épuration de l'eau.

Enfin, certains étangs recueillent des eaux polluées par des rejets urbains, industriels ou agricoles (engrais pesticides), et les étangs de chasse et/ou de pêche contiennent souvent des quantités significatives de plomb de pêche et/ou (grenaille toxique) qui s'y sont déposé depuis plusieurs décennies, avant leur interdiction récente[1] dans les zones humides peut poser des problèmes de pollution des sédiments et de saturnisme aux oiseaux qui s'y nourrissent.

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